Jeudi 10 décembre 2009
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Fraîche du jour, l'image de
l'environnement!
From: own archives!
Marrant, enfin, je dis ça mais en fait, cela me paraîtrait plutôt tristounet; bien que pas forcément étonnant (...)
link
En effet, ce lien évoquerait le fait que plus de 80% de la population belge, voire européenne, ne ferait pas confiance aux politiciens ou, plus spécifiquement, qu'elle les considère comme
corrompus. Une dépêche Belga reprise hier par Le Soir en ligne (...)
Si j'éviterai d'en tirer toute conclusion par trop hâtive, ma marâtre s'empresserait d'exprimer combien je plonge allégrement dans l'extrême-gauche ou même le poujadisme de mauvais aloi, j'ose
néanmoins envisager de réfléchir sensiblement à la question.
Longtemps, durant l'histoire humaine connue, la population n'a eu accès qu'à une information parcellaire, celle que l'on jugeait utile de lui communiquer (avérée ou totalement falsifiée, selon les
besoins); avec le développement de la presse écrite, un plus grand nombre de personnes disposait d'une information à plus grande échelle (à condition, évidemment, d'avoir accès aux outils de
maîtrise de la langue ce qui n'aura été l'apanage pendant longtemps que d'un nombre particulièrement restreint de personnes). Avec le développement de nos institutions, la prise de conscience plus
globale de l'absolue nécessité de disposer de l'instruction, le nombre de personnes ayant la capacité de se tenir informées n'a eu de cesse d'augmenter.
Cependant, avoir accès à l'outil de la langue ne signifie en rien que l'on dispose pour autant de l'esprit critique; c'est encore une autre étape qu'il est nécessaire de franchir et qui, dans
nombre de cas, relève certainement d'une volonté individuelle, même si à ce niveau on peut souhaiter que notre enseignement permette aux générations en âge d'apprendre de s'entraîner à
l'exercice.
Cela dit, avec l'avènement d'Internet et d'autant plus avec le fameux Web 2.0, on peut considérer que les sources d'information potentielle se sont développées de manière exponentielle. Est-ce à
dire que tout un chacun en use avec suffisamment de discernement, rien n'est moins sûr. A défaut, on en use, voire en abuse (et j'admets pleinement sur ce point que je fais partie du lot!).
Néanmoins, comme toute nouvelle technologie qui tend massivement à se développer, un temps d'apprentissage est nécessaire; il y a lieu d'apprivoiser l'outil, comme il y a lieu d'apprivoiser à
l'outil la personne qui l'utilise. Cela demande du temps, en effet.
On pourrait certes me reprocher d'utiliser une périphrase plutôt que de parler de "démocratisation d'Internet"; à cela, j'oserais répondre que galvauder le terme "démocratie" m'ennuie quelque peu.
En effet, c'est quoi, la démocratie?
Au risque de pasticher Desproge, on pourrait dire que Churchill qui n'a pas dit que des conneries, il en a fait aussi, s'est quand même exprimé de la sorte: "La démocratie est le pire de tous les
régimes, à l'exclusion de tous les autres." Cela nous ne nous avance pas vraiment pour appréhender l'idée.
La démocratie est-elle cette forme athénienne "idéale" qui tendait sauvagement à exclure une grande majorité de la population de son exercice?
Est-ce le "suffrage universel français de 1848" qui, accessoirement, excluait tout de même la moitié de la population (ben oui, les femmes, on les avait oubliées, oups!).
A moins qu'il ne s'agisse de la vision genevoise chère à Rousseau d'une extension à une communauté particulièrement réduite qui se traduit
aujourd'hui en une dérive suisse limite poujadiste où l'on en vient à refuser l'érection de minarets dans le paysage helvète?
Sur ce dernier point, d'ailleurs, à lire ce qu'on l'air d'en dire les lepénistes de tous poils et plumes, d'une part, les
Sarko(zistes) qui tendent à vouloir abolir tout signe ostentatoire, le vieux mécréant que je suis s'inquiète (...) Ben oui, la "croyance" et ma personnalité sont certainement deux points
particulièrement irréconciliables; cela ne m'empêche aucunement de m'intéresser énormément aux questions concernant la religion, tant d'un point de vue historique, philosophique que du point de vue
de l'actualité.
Aussi, quand j'entends que tout à coup, la France éternuant brutalement en matière de laïcité et la Belgique éprouvant des réactions hyper-allergiques systématiques qui l'obligent à se moucher en
conséquence depuis un fameux bout de temps, on voit fleurir des demandes d'éradication (ou à peu près) de tout signe distinctif en matière religieuse (les croix, étoiles de David, croissants et
autres signes "ostentatoires" posent à présent question, même dans les cimetières; on va peut-être aller jusqu'à demander que les églises, synagogues et mosquées disparaissent totalement du paysage
par "peur de choquer l'autre" et je n'ose imaginer la suite de ce genre de réflexions toutes plus inouïes -à mes yeux!- les unes que les autres).
Que je sache, pour l'avoir encore récemment évoqué, la Charte universelles des Droits de la personne ne manque pas de garantir certaines libertés fondamentales (en ce comprises, n'en déplaisent aux
excités de tous poils et plumes, les libertés religieuses!) et aujourd'hui, nos politiques de tous sexes et/ou obédiences s'empressent d'amener un pseudo-débat sur la place publique en matière
religieuse.
Ce serait sans doute faire bien trop peu de cas de certaines réalités assez puantes en matière d'action politiques qualifiées de real-politik qui consistent depuis longtemps à stigmatiser tel ou
tel pan de l'humanité et de l'utiliser à des fins très court terme.
Je m'explique, les Juifs furent longtemps montrés du doigt comme boucs émissaires lors de nombre de troubles politiques qui agitèrent notre histoire occidentale passée, depuis le XIXe siècle, les
pouvoirs de l'argent et du politique jouent des rivalités qui existent dans la pensée islamique afin d'attiser des feux sous couvert du vieux principe "diviser pour régner", on s'ingénie à
entretenir les braises du conflit israélo-palestinien ou israélo-arabe/israélo-musulman en partant toujours du cher vieux principe; on nous aura vendu en 2001 une croisade contre un Axe du Mal en
omettant seulement de nous rappeler combien durant la Guerre froide on avait permis largement utilisé les divers protagonistes alors présentés comme l'ennemi. Mieux, le croquemitaine Ben Laden n'est rien d'autre qu'une créature fabriquée
par les opérations de la CIA quand il y avait lieu de lutter contre l'URSS en Afghanistan, etc. La liste pourrait être longue.
Résultat des courses, on se retrouve aujourd'hui avec une grande majorité de personnes qui, pour mille et unes raisons dont elles ne sont probablement pas systématiquement responsables, se
retrouvent stigmatisées après avoir effectué un méchant repli culturel (c'est souvent le cas des personnes qui ont peur!) et au nom des résultats obtenus par des années de politique extérieure très
dangereuse (ben oui, quand on joue avec le feu, on risque de se brûler!), la question aujourd'hui de vouloir tout éteindre en matière religieuse (sauf qu'à vouloir jeter de l'eau sur une friteuse
en feu, on risque la catastrophe majeure!).
Bref, le vieux mécréant que je suis qui n'éprouve aucun besoin spirituel en matière de prière, de foi ou de déité, se demande quand même pourquoi les croyant devraient dorénavant vivre limite
honteux en vivant leur foi (...) Quelque chose me dit que ce ne serait pas "correct" d'agir de cette manière à leur égard (...)
Quoiqu'il en soit, l'accès à l'information, s'il s'est terriblement développé ces dernières années (presse écrite, télévisuelle et radio sont actuellement systématiquement en retard au vu de ce qui
est diffusé sur le Net, déjà) est-elle cependant une "bonne information"?
La question étant de savoir ce qu'est une "bonne information", bien sûr.
S'agit-il de l'information dont on a besoin dans l'instant, histoire de combler le temps cerveau disponible ou l'information est-elle réellement vérifiée et, si oui, à quelle(s) source(s).
Mais il est vrai que quand Colin Powell (l'ex-général de la Guerre du Golfe) ment comme un arracheur de dent à l'ONU à montrer des clichés satellites histoire d'assurer que l'Irak de Saddam dispose
d'ADM (Armes de Destruction Massive), ce n'est pas simple de détecter la "bonne info" de la "mauvaise". Là où c'est déjà plus dérangeant, c'est quand des exemples du même tonneau existent dans
l'histoire récente et pas seulement exceptionnellement (l'affaire Gladio, pour ne citer qu'elle), on peut quand même en venir à se demander si la presse cherche effectivement à remplir son devoir
(à moins que cette idéal de 4ème pouvoir ne soit qu'une légende dorée sur tranche).
Aussi, quand je lis que tant de personnes cesse d'accorder crédit à nos institutions politiques (à moins que les 80% annoncés, ça ne veuille rien dire du tout), je trouve que cela a quelque chose
d'inquiétant. D'une part, c'est une simple dépêche qui apparaît en ligne sans explicatif fort développé et, d'autre part, j'aurais aimé sans doute en savoir plus: Est-ce un phénomène récent, cette
défiance? Ce sondage est-il réellement représentatif de l'état d'esprit d'une population? Qu'en pensent nos créatures politiques, de cette défiance? N'est-ce pas inquiétant, pour nos démocraties,
qu'une telle proportion de la population ne croit pas en l'honnêteté de ses institutions? ...
A moins qu'il ne faille considérer cela comme une prise de conscience de la part du plus grand nombre, de la part de ces "temps cerveaux" juste bons à gaver de pub avec des programmes télé débiles
(...) Une façon de dire encore que malgré le fameux "abrutissement des masses", l'humain reste un être conscient et pas simplement bon à se laisser traiter comme un mouton.
Il est vrai qu'à se remémorer nombre de déclarations politiques depuis fort longtemps, qu'il s'agisse d'enseignement ou autre, on peut se demander quelles sont les réellement grandes avancées en
matière politique au-delà des points ou des virgules changées dans l'un ou l'autre texte de loi, au-delà d'une loi qui vient parfois faire double emploi ou contredire ce que disait une précédente.
Une manière encore de poser la question de la responsabilité politique.
Après tout, dans la "vraie vie", quand le boulot n'est pas fait, qu'il est mal fait ou que sais-je encore, on se fait généralement virer.
Hors, en politique, en Belgique tout particulièrement (tant qu'à faire, autant balayer devant sa porte), on peut même rester sans gouvernement pendant presque deux années, sous prétexte que
"c'était difficile de s'entendre" (on se croirait dans une cour de récréation!) et ce n'est pas grave, on reste quand même en place au sein des divers gouvernements (au pire, on fait un jeu de
chaise musicale d'un ministère à l'autre, et bonjour, dans ce cas, la preuve des compétences!) et on conserve son salaire de ministre comme par magie.
Juste un détail, dans ce genre de législature fantôme, des factures restent en souffrance et certains créanciers se retrouvent en difficulté grave. On doit juste faire comme si c'était normal.
C'est le jeu (...)
Cela dit, tant de personnes qui n'ont aucune confiance et pas plus de réaction que ça; pas même une petite révolution (...) Il est vrai que même à l'époque féodale, des révolutions, il n'y en avait
pas tant que cela. Si l'humain n'en pense pas moins, il dispose quand même d'une résistance plus importante que celle du citron; quand tu crois qu'il est à sec, presse encore, tu en tireras quand
même quelque chose.
Be seeing you!
Par jay2bsl
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Publié dans : Humeurs (voire belgiennes)
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