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Samedi 28 mars 2009

"Liberté, égalité, choucroute", qu'y disait, Jean Yanne
Pas tout à fait faux, sans doute (...)

From: pas trouvé mais au cas où, je référence, bien sûr!


Une curieuse directive des Institutions européennes (relayée ou initiée aux Nations Unies), semble-t-il, tendrait à vouloir gommer toute question de "genre sexuel" aussi bien dans les textes que dans les débats officiels. Voilà qui ne manque pas de "créativité" (...)

Sous couvert de vouloir protéger la Femme (l'origine de la réflexion serait issue du mouvement féministe), on tendrait à vouloir ne plus considérer l'individu/la personne indépendamment de ses attributs sexuels.
L'Eglise s'empresse apparemment d'y voir une "cinquième colonne" utilisée par la communauté homosexuelle et qui tendrait à lui ouvrir grand la porte au mariage et à l'homoparentalité; et, par là-même, s'empresse de jeter l'anathème sur la question au nom des sacro-saintes valeurs de la famille.
Par ailleurs, la logique de l'idée voudrait qu'à gommer toute locution sexuée, on parvienne à "révolutionner" la société et gommer ainsi toute une série de problèmes inhérents aux relations entre les sexes depuis des millénaires.

Diable, et de se rappeler que d'un point de vue ou de l'autre "l'Enfer est pavé de bonnes intentions" (à la seule condition, bien évidemment, que les bonnes intentions dont il est question aient jamais réellement existé).

La forte impression, face à ce genre de débat, que l'on est plongé au milieu d'une véritable "conjuration des imbéciles".

Qu'il s'agisse des stéréotypes que véhiculait joyeusement le vingtième siècle à travers ses traditions issues de l'ère victorienne (entre autres choses), de son cinéma, de sa publicité ou de divers mouvements qui demandaient une émancipation à divers niveaux; il me semble bien, au quotidien, que les seules choses qui aient fondamentalement changé, c'est le langage "politiquement correct" à devoir absolument utiliser.
Cette idée de vouloir gommer le "genre" dans les échanges écrits ou verbaux, n'est jamais que la quintessence de cette hypocrisie sociétale.

En effet, l'Occident, de façon générale, oublie sensiblement trop souvent combien les racines mêmes de sa civilisation puisent largement dans nombre de réflexes (in)conscients judéo-chrétiens et, partant, à la source de la culpabilité intrinsèque de l'individu ou de la société.

Officiellement, nous sommes tenus -dans nos sociétés modernes, contemporaines et donc, civilisées- d'avoir un langage qui respecte l'individu/la personne au-delà de toute question de sexe, de religion, de couleur de peau, de culture ou que sais-je encore.
Un éboueur s'appelle dorénavant "technicien de surface"; c'est plus valorisant.
Un aveugle ne l'est plus, il n'est que "non-voyant" ou "mal-voyant".
Un noir ne l'est plus non plus, c'est "une personne de couleur" (cela dit sur ce point, nous sommes finalement tou(te)s des personnes de couleur; à moins de considérer que le noir serait une couleur et par les autres tonalités ou nuances de peau!).
A présent, on cherche à nous vendre l'idée qu'il n'y a plus dans le langage ni femme ni homme; nous sommes tou(te)s neutres.
Il va sérieusement falloir s'attaquer de fond en comble à la langue française qui en terme de grammaire est très largement sexiste, mais soit.

Un peu comme si, à simplement changer les étiquettes, l'humanité se trouvera touchée par la Grâce (d'où qu'elle puisse venir, d'ailleurs) et qu'ainsi la seule différence cesserait d'être discrimination potentielle.
Notre monde transformé par les bons soins de penseurs brillants et géniaux, grâce auxquels nous nous muerions tou(te)s en bisounours a-zizi ou bisounours à zizi (ben oui, bande de petits comiques, si vous n'avez pas révisé votre Bon Usage illustré par l'exemple, vous passez totalement à côté de la nuance "a-" et "à"; mais bon, je vous laisse méditer là-dessus!). Mieux, dans ce nouveau monde de bisounours qui s'ouvre à nous, il y aura les nuances de tonalité et nous serons tou(te)s égaux (à condition de se rappeler que certains seront bien évidemment toujours plus égaux que d'autres mais ça, bien sûr, ce n'est pas politiquement correct de le rappeler!).

Aussi, si l'on accepte de se rendre compte que l'idée tendrait plutôt à faire eau de toute part; il serait peut-être intéressant d'aller voir le fond du problème au lieu de simplement chercher à mettre un emplâtre sur une jambe de bois.
Que l'humain n'est pas forcément fondamentalement bon (n'en déplaise à ce couillon de Rousseau!), c'est un fait.
Que des erreurs -même largement monstrueuses!- aient été faites, là encore, ce n'est pas un scoop.
Qu'actuellement le monde tel qu'il évolue donnerait plutôt à penser que l'humanité cherche à réfléchir et, si faire se peut, réfléchir autrement plus en commun qu'elle ne l'aura jamais fait auparavant (le Net en est un exemple très récent, déjà), c'est encore une réalité qui méritera non seulement d'être exercée mieux encore mais on peut considérer que l'on en est aux balbutiements (oui, j'aurais assez tendance à être un fieffé optimiste!).

Donc, partant de ce constat, si l'on peut simplement jeter un regard sur l'histoire en mettant de côté la systématique de la fameuse "histoire bataille" pour s'intéresser à celle de l'humanité dans son grand ensemble; nous sommes aujourd'hui dans une conception générale d'une humanité à l'image de celle qu'une Charte universelle tend à vouloir nous faire connaître.

L'humanité, à travers la Charte universelle de l'ONU, assure avoir un véritable projet de société.
L'Europe semble vouloir intégrer -officiellement- l'idée de ce projet de société hors toute discrimination.
Pourtant, on en est encore -plutôt que d'y travailler ouvertement- à vouloir faire comme si la nuance n'existait pas.
On préfère nier la différence plutôt que de simplement l'assumer, l'intégrer et en faire une véritable force.
Se faisant, on reste pleinement dans l'inaction.
Qu'il s'agisse des rapports Nord-Sud, des relations Femme-Homme, des questions religieuses, culturelles ou autres; peu importe, c'est la stase.

Mais la stase appelle souvent le chaos (...)

On se retrouve face à une société qui a peur de froisser l'autre; quand un Pape ose proférer des énormités, plutôt que de dire clairement qu'il raconte des conneries monumentales et criminelles, on se couvre en exprimant timidement qu'il a sans doute manqué de diplomatie.
Quand on se retrouve face à un personnage caricatural qui utilise sa Plus Haute Fonction au sommet de l'Etat français pour obtenir un train de vie de "parvenu" à coup de non-événements intempestifs et de bling-bling outrancier, on continue à chercher à analyser sa politique plutôt que de le ranger dans la catégorie des "barons voleurs" et des prévaricateurs.
Quand sous couvert de discours politiquement correct on refuse même de voir combien notre bel Occident contemporain est empreint de sexisme qui n'ose s'affirmer et contre lequel on légifère à tour de bras sans oser mettre en oeuvre réellement une politique active, on ne fait que se gargariser de mots et ce ne sont pas les "dénis de genre" qui y changeront grand chose.

Bref, quand le plus grand nombre se décidera à cesser de se comporter selon le "mythe des trois singes"; là, peut-être, sera-t-il possible de voir évoluer réellement et fondamentaleement certaines choses.

Cela dit, rendons à César ce qui lui appartient: Aux dernières nouvelles, l'ensemble des nations du monde sont supposées adhérer à la Charte universelle en vue de faire partie de l'ONU. Sur ce plan-là, au moins, l'égalité est pleinement acquise en matière d'hypocrisie; au-delà de toute distinction de sexe, de religion, de culture ou de couleur de peau,...

Il reste bien du travail à faire et plutôt que de s'échiner à dilapider les moyens financiers à pondre des directives ineptes, il serait sans doute urgent de VRAIMENT s'occuper de ce qui doit l'être.

Be seeing you!



Par jay2bsl - Publié dans : Humeurs (voire belgiennes)
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