Notre société est
merveilleuse et nos (ir)responsables politiques sont de grands humanistes (...)From: nobody
Pas forcément du meilleur tonneau, mais toujours dans une même veine, faut-il le dire, passablement libertaire. J'imagine que l'on ne se refait pas.
La vieille expression qui voudrait que "l'histoire ne repasse pas les plats" (Louis Ferdinand Céline) tend à nous faire croire systématiquement combien les leçons de l'histoire se retiennent et permettent très largement la prise de conscience au niveau tout à la fois politique et sociétal.
Si, de façon apparente, cela pourrait donner cette impression tant qu'il s'agit de la fameuse "histoire bataille", il en va tout autrement sitôt que l'on s'intéresse aux structures plus profondes de l'histoire.
En effet, qui donc fait l'histoire?
S'agit-il de celles et ceux qui, resté(e)s célèbres pour mille et une raisons, permettent de fixer dans la mémoire collective de grands mouvements historiques, des révolutions, voire des prises de conscience?
S'agit-il de toutes celles et ceux qui, au contraire, cantonné(e)s dans les "poubelles de l'histoire", ne cessent de traverser le temps, les courants historiques, voire les fameuses "révolutions" dont il a été question plus haut et au nom desquel(le)s a posteriori manipulateurs et manipulatrices de tout poil et plume assurent que l'on s'est battu bec et ongles?
A bien y regarder, les révolutions, dont on nous rabache les oreilles depuis belle lurette, ont-elles changé quoique ce soit dans la vie des populations elles-mêmes?
Qu'en est-il, après la Révolution américaine de 1776, des "petits", des Indiens et des esclaves; quand donc leur situation aura-t-elle changé?
De ce seul exemple, il n'est que de voir ce que l'on qualifie parfois de réveil des "guerres indiennes" aux Etats-Unis d'Amérique dans les années '70 du vingtième siècle (il y a à peine quarante ans!) pour percevoir que de ce point de vue seul, les générations sacrifiées n'ont pas fini de l'être. Quant aux droits civiques pour les anciens esclaves, il faudra attendre la toute fin des années '60 (du même vingtième siècle) pour que les choses commencent enfin à bouger mais, entre-temps aussi, que de générations sacrifiées qui continuent de l'être indépendamment du fait que Barack Obama est devenu aujourd'hui le premier noir Président des Etats-Unis d'Amérique.
En l'espèce, mille bonnes intentions ne peuvent en aucun cas constituer un acquis et il ne faut jamais perdre de vue que "l'arbre cache la forêt".
La Révolution française, de son côté, malgré une merveilleuse Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, a manifestement "sensiblement" omis de mentionner la question des Femmes. Olympe de Gouges, en son temps, en aura largement fait les frais, elle qui se battait pour la reconnaissance pleine et entière de la citoyenneté des Femmes et des Noirs (pour simple rappel, c'est en 1793 que le droit fil de la guillotine met fin à la propagation de ses idées "séditieuses et anti-révolutionnaires").
Par ces deux seuls exemples, il serait relativement simple aujourd'hui de rétorquer que c'était un autre temps, une autre époque; on dira encore qu'aujourd'hui le monde a changé bien plus profondément et que les consciences d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes qu'alors.
Il n'y a pas si longtemps de nous, il fut possible de perpétrer la Shoah; le reste du monde allié, plutôt que de se hâter d'en arrêter l'horreur, a préférer agir étape par étape au nom d'intérêts sur le plus long terme et en totale absence de coordination avec la résistance allemande qui, si faible qu'elle ait pu être dans un environnement particulièrement totalitaire (et donc, oserais-je le dire, sensiblement hostile!), a malgré tout eu le mérite d'exister.
Depuis, un génocide n'étant sans doute pas suffisant, le Cambodge de Pol Pot a pu exister et siéger bien trop longtemps à l'ONU avant que -grâce aux ennemis d'hier (les communistes vietnamiens, comme quoi, l'histoire n'en est pas à un paradoxe!)- la population cambodgienne ne soit enfin libérée de l'horreur totalitaire poussée à un paroxysme rarement (voire jamais) atteint.
Evoquer le génocide rwandais paraîtrait sans doute, en l'espèce, presque une récupération "facile" à laquelle on répondra évidemment que le contexte africain n'est pas comparable, pour d'obscures raisons (ah bon, ils seraient moins humains?!).
Non contents des ces "détails de l'histoire" (décidément, le père Le Pen reste un fieffé salopard dans l'usage outrageusement pernicieux qu'il peut avoir de la langue!); le monde entier se trouve face à des mouvements de populations -même pas spécialement alarmants en termes de chiffres à en croire les statistiques européennes auxquelles nos (trop) chers dirigeants évitent de faire référence dans le détail!- qui sont essentiellement dûs à des causes économiques et politiques largement orchestrées par une part infime du monde occidental (référence ici à la concentration tant des richesses que du pouvoir entre les mains d'un très -très!- petit nombre!). En conséquence de quoi, on se retrouve avec une kyrielle de réfugiés politiques et économiques (victimes directes ou indirectes des malversations du fait de celles et ceux qui s'occupent du "bien commun" en NOTRE nom!) et dont on doit absolument se débarasser car "on ne peut accueillir toute la misère du monde" (merci -trop!- chère Carla B. qui cite Michel Rocard en omettant -c'est un détail!- la suite qui dit ", mais nous devons en prendre notre part."; ce qui mérite tout de même la nuance!).
Enfin, s'il ne s'agissait que de cela, nous sommes confronté(e)s aujourd'hui à une crise financière majeure (aux dernières nouvelles, les "petits" n'ont pas franchement vécu dans l'opulence jusqu'à présent mais comme il semblerait que la situation tende à toucher celles et ceux qui se rassemblent dans l'étroitesse supérieure d'une pyramide sociale, alors nos politiques s'inquiètent VRAIMENT!); dès lors, le regard que l'on porte sur les "petits", entendre par là les chômeurs et chômeuses, ces fainéant(e)s qui "profitent" du système, tous les assistés sociaux de tout poil et plume (c'est assez curieux de voir comme les termes utilisés pour nos actuels "profiteurs" du système sont fort semblables aux termes que l'on utilisait voici quelques siècles pour désigner les pauvres, les esclaves, les serfs, les indigents en général!). Il n'est pas moins curieux de constater combien nos édiles qui sont (vachement!) rémunérés à concurrence de leurs (ir)responsabilités multiples et nombreuses considèrent leur situation comme rien moins que normale (un discours finalement qui n'est rigoureusement pas différent de celui de la noblesse d'alors ou de la haute bourgeoisie du moment; seule nuance aujourd'hui, ils font juste semblant de s'en inquiéter!).
A l'époque, il n'était en rien question d'envisager la moindre ascension sociale (sauf cas particulièrement exceptionnels!), un système de caste bien délimité y mettait bon ordre (au pire, on faisait donner la troupe qui ne devait pas hésiter à tailler dans le vif, généralement au propre, l'expression!); aujourd'hui, nous vivons dans un monde de bisounours démocratiques (à condition d'omettre systématiquement notre système local belgien de particratie héréditaire!) où la seule action réelle de nos politic(h)ien(ne)s consiste à lâcher suffisamment de lest à moments (ir)réguliers pour éviter les débordements de la "populace".
En fait, rien n'a changé; nous vivons toujours dans la féodalité. Le système a simplement changé de nom, les apparences de démocratie dont les rouages que l'on huile allégrement tentent de donner le change mais il n'est en rien question de chercher à rendre l'ensemble plus équitable fondamentalement.
Il n'est que de voir la situation bruxelloise et sa réalité économique en terme de chômage où depuis 2004 on chercher à envisager une politique de (ré)activation du chômeur (femelle ou mâle). Les statistiques dont on se gargarise au niveau du discours officiel chantent les louanges de l'action entreprise; en attestent les chiffres qui ont baissé.
La réalité est pourtant sensiblement différente: certaines franges de la population ont été délibérément écartées des statistiques (les trop vieux, déjà!), grand nombre sont passés du chômage à l'aide sociale minimale (le CPAS) et certains ont carrément perdu leurs droits.
Néanmoins, l'idée est à la responsabilisation individuelle (surtout, on ne fait RIEN au niveau structurel ou sur le long terme!) et à la culpabilisation systématique de ces "salauds de profiteurs" que sont ces assisté(e)s sociaux.
Mais puisqu'il est question de chiffres, parlons-en, même un peu.
A ne tenir compte "que de" 100.000 chômeurs (femelles et mâles) sur Bruxelles, il faut bien se rendre compte que les places (potentiellement!) disponibles ne dépassent pas les 20.000 (...) On fait quoi du différentiel de 80.000?!
Les conséquences sont les services sociaux totallement engorgés (sans réelle augmentation de leurs moyens financiers!), les centres de formation (déjà trop peu nombreux sur la zone de Bruxelles ET sous-financés!) qui voient leurs listes d'attente s'allonger sans aucunement pouvoir répondre mieux ou plus à la demande; enfin, une précarisation de plus en plus importante dans laquelle on plonge femmes et hommes (parents ou non), des menaces en terme de retenues sur salaire, des situations inextricables où l'accès à une formation ne se peut qu'à condition de mettre l'enfant ou les enfants en crèche mais comme les places en crèche -dans ce cas de figure- ne sont disponibles que si l'on a été déjà retenu(e) dans un centre de formation, il est impossible de boucler la boucle et c'est un cercle vicieux infernal.
Dans ce seul cas de figure, en quoi nos politic(h)ien(ne)s cherchent-ils réellement à changer les choses?
Le seul intérêt reste un intérêt court terme (électoral) où la précarisation systématique d'une quantité importante de la population permet de mieux la manipuler en distillant l'aide de façon particulièrement savante et calculée (il n'y a pas de petits profits, seulement de grandes causes!).
De ce point de vue, gauche et droite marchent main dans la main.
A quand l'allocation universelle qui permettrait à tout un chacun d'accéder aux minimum vital pour faire face aux frais immédiats et cesser d'entretenir une clique de parasites -nos toujours aussi chers, même trop, politic(h)ien(ne)s!- qui pour survivre n'hésitent jamais à marcher sur celles et ceux qui sont sous eux?
Non seulement, cela libérerait du temps de travail pour un plus grand nombre, cela laisserait suffisamment de plages horaire disponibles en vue d'améliorer la formation, cela laisserait de l'espace temps disponible pour l'imagination et le développement des idées, mais ARRETONS DE REVER!!!
Cela voudrait dire que bien plus de personnes auraient le temps de prendre le temps de réfléchir!
Or, justement, il ne faut surtout pas que l'on puisse réfléchirr, du moins pas tout le monde, et surtout pas la populace.
Elle pourrait trop bien comprendre, un moment donné, combien on l'utilise de façon éhontée et sans le moindre scrupule à coup de paternalisme à outrance et de clientélisme bien huilé.
Bref, encore un coup de gueule, celui du dimanche matin, cette fois!
Be seeing you!
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Un vol de raie, ça me fait rêver comme celui d'un canard sauvage!

Des réactions...